L’expédition de marchandises comporte toujours une part de risque. Vol, casse, perte ou avarie peuvent survenir pendant le transport, même lorsque les opérations logistiques sont bien organisées. Pourtant, de nombreuses entreprises pensent être suffisamment protégées sans réellement vérifier les garanties applicables à leurs expéditions. Une mauvaise compréhension de l’assurance transport peut alors entraîner des pertes financières importantes en cas de sinistre.

Découvrez dans cet article les 5 erreurs à éviter absolument, ainsi que des informations pratiques pour sécuriser durablement vos envois.

1. Croire que le transporteur couvre tous les risques

Beaucoup d’entreprises pensent que le transporteur prend automatiquement en charge tous les risques liés au trajet. En réalité, la responsabilité du transporteur est strictement encadrée et limitée par des conventions internationales ou nationales, telles que la Convention CMR pour le transport routier international. Ces limitations signifient qu’en cas de sinistre, l’indemnisation est plafonnée, parfois bien en-deçà de la valeur réelle des marchandises.

Prenons un exemple concret : vous expédiez en France du matériel de grande valeur, inférieur à 3 tonnes. Si un accident survient et que le transporteur est reconnu responsable, l’indemnisation ne pourra excéder 33 euros/kg et 1000 euros/colis. Pour les envois supérieurs à 3 tonnes, le montant de l’indemnité est limité à 20 euros/kilo, avec un maximum de 3 200 € par tonne de l’envoi. Résultat ? Une perte financière majeure pour votre entreprise.

Le bon réflexe consiste donc à analyser précisément les limites de la couverture offerte par le transporteur. Une entreprise qui expédie régulièrement des marchandises doit vérifier que les garanties proposées par l’assurance transport correspondent réellement à la valeur des biens transportés.

2. Mal évaluer la valeur des biens à assurer

Une autre erreur fréquente consiste à mal déterminer la valeur des marchandises à assurer. Pourtant, cette estimation joue un rôle essentiel dans le calcul des garanties et des indemnisations en cas de sinistre.
La valeur déclarée doit être établie à partir d’une estimation précise de la valeur commerciale des marchandises. Cette étape est indispensable afin que la couverture d’assurance corresponde réellement à la valeur des biens transportés.

Pour calculer la valeur à déclarer, il est possible de :

  • Se baser sur le prix d’achat des marchandises transportées (en euros HT pour les professionnels et en euros TTC pour les particuliers).
  • Prendre en compte le coût de production des biens transportés.

Lorsque les marchandises ne sont pas neuves, la valeur d’origine doit être déclarée. L’assureur appliquera ensuite une décote en fonction de l’âge de la marchandise.

3. Faire une déclaration incomplète ou incorrecte de la marchandise

Une déclaration précise et complète des marchandises transportées est la pierre angulaire d’un contrat d’assurance fiable. Pourtant, il est fréquent que des erreurs ou omissions se glissent dans les documents fournis, compromettant ainsi la validité de la couverture.

Une déclaration incomplète ou incorrecte peut entraîner un refus d’indemnisation en cas de sinistre, laissant votre entreprise sans recours face aux pertes. Les assureurs doivent disposer d’informations précises pour évaluer correctement les risques liés au transport.

Plusieurs éléments doivent être clairement indiqués :

  • la nature exacte des marchandises,
  • le poids et les dimensions,
  • la valeur des produits,
  • les éventuelles contraintes de transport.

Le bon réflexe consiste donc à transmettre des informations complètes, exactes et détaillées lors de chaque expédition afin de sécuriser la couverture d’assurance et limiter les risques de litige.

4. Sous-estimer l’importance de l’emballage pour votre assurance marchandise transportée

L’emballage joue un rôle déterminant dans la prise en charge des sinistres par l’assureur. Un emballage inadéquat ou insuffisant peut non seulement exposer vos marchandises à des dommages, mais également compromettre votre droit à une indemnisation. En effet, les polices d’assurance stipulent que la protection des biens transportés est une responsabilité partagée entre l’expéditeur et le transporteur. Si les marchandises ne sont pas suffisamment protégées, l’assureur peut considérer que les conditions d’expédition n’étaient pas conformes.

Les conséquences peuvent être importantes :

  • refus de prise en charge du sinistre,
  • dommages importants sur les marchandises,
  • retards et coûts logistiques supplémentaires.

Pour éviter ce scénario, il est essentiel de choisir un emballage adapté à la nature des marchandises et au mode de transport utilisé. Les matériaux doivent être robustes et capables de protéger efficacement les biens contre les aléas du trajet (humidité, température, chocs dans le véhicule ou lors des phases de manutention). En anticipant ces exigences, vous renforcerez vos garanties et limiterez les risques de litiges.

5. Ne pas souscrire une assurance marchandise transportée complémentaire

Certaines entreprises se contentent de la responsabilité standard du transporteur sans souscrire d’assurance complémentaire. Pourtant, cette couverture reste souvent insuffisante pour protéger des marchandises à forte valeur.

L’assurance ad valorem permet de couvrir les biens à hauteur de leur valeur réelle déclarée. Elle offre ainsi une protection renforcée en cas de perte, de vol ou de détérioration pendant le transport. Cette formule est particulièrement importante lorsque la valeur des marchandises dépasse le plafond d’indemnisation fixé par l’assurance de base.

En adoptant cette démarche proactive, vous protégerez non seulement vos intérêts financiers mais aussi la pérennité de votre activité face aux aléas du transport. L’assurance ad valorem est un investissement stratégique qui sécurise vos expéditions et renforce la confiance de vos partenaires commerciaux.

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